09 septembre 2007

Ma première ... rencontre par livre interposé avec quelqu'un qui aime autant les tomates que moi

Muriel Barbery, un nom qui trotte de plus en plus vite dans les conversations mondaines... En effet, cette romancière franco-marocaine (fabuliste devrais-je dire) a sorti en juin dernier son deuxième ouvrage dont le nom est déjà célèbre : L'Elégance du hérisson. L'occasion de découvrir son premier roman : Une gourmandise, une pépite parue en 2000, qui a remporté dès sa sortie le Prix du Meilleur Livre de Littérature Gourmande.

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Si la trame de L'Elégance du hérisson se tisse sur la toile d'un milieu social très bourgeois, mettant en évidence les absurdités d'une grande vie au train ridicule, ce n'est que par suite.
Une Gourmandise crie en effet haut et fort son amour de la simplicité face au snobisme des mondanités. Et pour cela quel meilleur sujet que la nourriture, reflet de nos personnalités et de nos vies, selon qu'on la mange avec amour pour ce qu'elle nou donne, ou qu'on la juge et la note.

Car pour illustrer son amour de la bonne chair et de la vie, Muriel Barbery nous invite à la quête d'un critique gastronomique. Le plus grand critique gastronomique qui soit. Cet homme sait qu'il va mourir dans 48 heures. Il le sait et il ne souhaite qu'une chose : manger sa dernière gourmandise. Cette gourmandise qui hante son palais, nous allons la chercher avec lui à travers ses souvenirs, car s'il l'a sur le bout de la langue, son image reste floue.
Sa quête gourmande remettra en question toutes ses croyances et sa manière de penser les choses, au travers d'une fresque succulente, délicieuse, et extatique qui retracera quelques chefs d'oeuvres du goût, que l'auteur nous invite à redécouvrir.

"La tomate, pourtant, je la connaissais depuis toujours, depuis le jardin de Tante Marthe, depuis l'été qui gorge la petite excroissance chétive d'un soleil de plus en plus ardent, depuis la déchirure qu'y faisaient mes dents pour asperger ma langue d'un jus généreux, tiède et riche que la fraîcheur des réfrigérateurs , l'affront des vinaigres et la fausse noblesse de l'huile masquent en sa générosité essentielle. Sucre, eau, fruit, pulpe, liquide ou solide ? La tomate crue, dévorée dans le jardin sitôt récoltée, c'est la corne d'abondance des sensations simples, une cascade qui essaime dans la bouche et en réunit tous les plaisirs. La résistance de la peau tendue, juste un peu, juste assez, le fondant des tissus, de cette liqueur pépineuse qui s'écoule au coin des lèvres et qu'on essuie sans crainte d'en tâcher ses doigts, cette petite boule charnue qui déverse en nous des torrents de nature : voilà la tomate, voilà l'aventure." (Page 60)

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Ce roman écrit avec une subtilité inouïe parle du goût avec un respect et un éblouissement qui rayonnent tout le long de ses descriptions sublimes : la tomate, le toast américain, le pain ou encore la cuisine de nos grands mères ; autant de souvenirs qui peuvent nous être chers et que cette oeuvre sensible et juste saura raviver avec une sympathie rare. Je vote pour les 5 étoiles...

Posté par littemmatique à 00:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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